Libib en français : ce qui existe pour une bibliothèque francophone au Canada
Quand un organisme francophone cherche un logiciel pour gérer sa bibliothèque, il tombe sur Libib. C'est normal : c'est un des produits les plus connus de sa catégorie, il est simple, et il est peu cher. La question qui suit est toujours la même : existe-t-il en français? Voici la réponse, et la comparaison honnête avec ce que nous faisons. Elle commence par le point où nous perdons.
Ce que Libib fait bien
Commençons par là, parce que le reste ne vaut rien si l'on triche sur ce point. Libib est un bon produit. Il fait exactement ce pour quoi il a été conçu, et il le fait proprement.
On y catalogue en scannant les codes-barres avec l'application mobile, ce qui est le geste qui fait gagner le plus de temps dans un inventaire. On peut publier ses collections sur une page consultable. La formule Pro ajoute la gestion du prêt aux membres, qui est ce dont un organisme a besoin : la formule personnelle, sans frais, ne prête pas. L'interface est sobre et se prend en main sans formation.
Si vous êtes une personne qui catalogue sa bibliothèque personnelle, ou un organisme anglophone, la question ne se pose pas vraiment : prenez Libib. Nous ne serions pas honnêtes en vous vendant autre chose.
Ce texte a été écrit le 31 août 2026, à partir de ce que Libib annonce publiquement. Les prix et les fonctionnalités bougent des deux côtés : vérifiez sur leur site avant de décider.
Le prix : nous perdons, et de beaucoup
Libib Pro coûte 99 $ US par année. La Bibli coûte 330 $ US par année, ou 30 $ US par mois.
Nous sommes plus de trois fois plus chers. C'est 231 $ US de plus par année, une vingtaine de dollars par mois. Pour un organisme communautaire dont le budget de fonctionnement se compte en milliers de dollars et se défend ligne par ligne devant un conseil d'administration, cette différence est réelle et elle n'a rien de théorique.
Nous ne connaissons aucune façon élégante de contourner ce fait, alors nous l'écrivons en premier. Si votre décision se prend sur le prix, elle est déjà prise, et vous pouvez arrêter votre lecture ici sans rien perdre.
Ce que la différence paie, chez nous : le développement d'un produit destiné à un marché beaucoup plus petit (les organismes francophones du Canada) et le fait que quelqu'un réponde en français quand vous écrivez. Un produit vendu 99 $ US à des dizaines de milliers de personnes ne peut pas offrir la même chose qu'un produit vendu 330 $ US à quelques dizaines d'organismes. Ce sont deux modèles différents, pas un bon et un mauvais.
Le français : l'interface, le soutien, et le vocabulaire
C'est notre premier vrai gain, et c'est celui que les organismes sous-estiment avant de l'avoir vécu.
Libib est anglophone. L'interface est en anglais, la documentation est en anglais, et le soutien répond en anglais. Rien n'empêche d'y cataloguer des livres français : un titre est un titre. Mais la personne qui tiendra la bibliothèque n'est pas forcément vous. Dans un centre de femmes ou un centre communautaire, c'est souvent une bénévole retraitée, ou une personne en insertion, ou une stagiaire. Un menu en anglais est un obstacle réel pour elle, et cet obstacle se paie en questions qui remontent jusqu'à la coordination, semaine après semaine.
Le vocabulaire compte tout autant. Nous parlons de collection, de membres, de prêts et de retards, dans les mots qu'emploient les organismes d'ici. Une traduction automatique de « patron » donne « mécène » ou « patron d'entreprise », jamais « membre emprunteuse ». Ce genre de faux ami use la confiance dans l'outil plus vite qu'un vrai défaut.
Enfin, les métadonnées elles-mêmes. Quand vous entrez un ISBN, nous interrogeons plusieurs catalogues, dont des catalogues francophones. Un essai québécois publié à petit tirage se décrit mieux dans un catalogue francophone que dans une base pensée d'abord pour l'édition anglophone.
Où vivent vos données
Libib est une entreprise américaine et ses services sont hébergés aux États-Unis. Chez nous, vos données sont hébergées à Toronto, au Canada, par défaut, et nous pouvons héberger ailleurs au cas par cas si votre organisme a une contrainte particulière.
Pour beaucoup d'organismes, ce point est indifférent : un catalogue de livres n'est pas un dossier médical. Mais votre base ne contient pas que des livres. Elle contient la liste de vos membres, avec leurs coordonnées, et l'historique de ce que chaque personne a emprunté. Dans un centre de femmes, savoir qui a emprunté quoi n'est pas une donnée anodine.
Il arrive aussi qu'une entente de financement, municipale ou provinciale, demande que les renseignements personnels des personnes desservies restent au pays. Si c'est votre cas, la question est réglée d'avance et le prix ne la rouvrira pas.
Nous n'avons aucune attestation à faire valoir là-dessus, et nous ne prétendons pas en avoir. Ce que nous pouvons dire est simple et vérifiable : les serveurs sont à Toronto, l'entreprise est au Nouveau-Brunswick, et vous pouvez exporter vos données quand vous voulez.
La vitrine, la reprise, et quelqu'un au bout du fil
Trois différences pratiques, dans l'ordre où elles se font sentir.
La vitrine. Votre collection dispose d'une page publique que vous partagez par un lien, et qui s'intègre aussi dans le site de votre organisme avec un bloc de code à coller. Vos membres consultent la collection sans compte, depuis leur téléphone, sur votre site plutôt que sur un site étranger. Le bloc ressemble à ceci :
<iframe src="https://app.labibli.com/collection/votre-slug" width="100%" height="900" style="border:0" loading="lazy" title="Notre collection"></iframe>
Si ce point compte pour vous, vérifiez-le des deux côtés. Une page hébergée chez le logiciel et une page qui vit dans votre site ne racontent pas la même chose à vos membres.
La reprise de votre collection. Que vous veniez d'un tableur ou d'un export Libib, nous reprenons votre export, jusqu'à 3 000 titres, et c'est compris dans l'abonnement. Ce n'est pas un bouton dans une interface : c'est un travail que nous faisons avec vous, avec un chiffre annoncé d'avance sur ce qui reviendra complet et ce qui restera à finir à la main.
Quelqu'un qui répond. Vous écrivez, une personne répond, en français, et cette personne peut modifier le produit. C'est le seul avantage réel d'un petit éditeur sur un grand, et il disparaîtrait si nous grossissions. Aujourd'hui, il tient.
La Bibli
Voici comment nous trancherions à votre place, et vous verrez que ça ne mène pas toujours chez nous.
Si votre budget est le facteur décisif, ou si votre équipe travaille sans mal en anglais, prenez Libib. À 99 $ US par année, c'est une très bonne affaire, et nous ne trouvons rien d'honnête à répondre à cela.
Si vos bénévoles ont besoin d'un outil en français, si vos membres doivent pouvoir consulter la collection depuis le site de l'organisme, ou si les renseignements de vos membres doivent rester au Canada, alors La Bibli est faite pour vous, et l'écart de prix se justifie par ces trois raisons, pas par une liste de fonctionnalités plus longue.
330 $ US par année ou 30 $ US par mois, premier mois gratuit, catalogue sans limite de taille, hébergement à Toronto par défaut, reprise de votre collection existante comprise jusqu'à 3 000 titres. Développé au Nouveau-Brunswick par Aynils. Si vous hésitez encore, envoyez-nous votre export Libib ou votre tableur : nous vous dirons ce qu'il donnerait chez nous, avec les nombres, avant que vous engagiez quoi que ce soit.
Questions fréquentes
Libib existe-t-il en français?
L'interface et le soutien de Libib sont en anglais. On peut s'en servir en français au sens où l'on y saisit des titres français, mais les menus, les messages et les échanges avec l'équipe restent anglophones. Pour un organisme dont les bénévoles ne sont pas toustes à l'aise en anglais, c'est le point de blocage réel, plus que le prix.
Combien coûte Libib par rapport à La Bibli?
Libib Pro coûte 99 $ US par année. La Bibli coûte 330 $ US par année, ou 30 $ US par mois. Nous sommes donc environ trois fois plus chers, soit 231 $ US de plus par année. Si votre budget tranche la question, il la tranche en faveur de Libib, et nous ne prétendrons pas le contraire.
Où sont hébergées les données dans chaque cas?
Libib est une entreprise américaine et ses services sont hébergés aux États-Unis. La Bibli héberge vos données à Toronto par défaut. Pour beaucoup d'organismes, cela ne change rien. Pour ceux dont une entente de financement exige que les renseignements de leurs membres restent au pays, cela décide de tout.
Peut-on passer de Libib à La Bibli sans tout retaper?
Oui. Exportez votre collection depuis Libib et envoyez-nous le fichier : nous reprenons votre export, jusqu'à 3 000 titres, et c'est compris dans l'abonnement. Nous vous disons avant de commencer combien de fiches reviendront complètes et combien resteront à finir à la main.
Peut-on afficher sa collection dans le site web de l'organisme?
Chez nous, oui : la vitrine se partage par un lien et s'intègre dans votre site avec un bloc de code à coller. Si ce point compte pour vous, vérifiez-le des deux côtés avant de choisir, parce qu'une page hébergée ailleurs et une page qui vit dans votre site ne donnent pas la même impression à vos membres.
Vaut-il la peine d'essayer les deux?
Oui, et c'est même la seule façon honnête de trancher. Les deux produits se testent sans engagement, le nôtre avec un premier mois gratuit. Cataloguez vingt livres de chaque côté, montrez les deux à la personne qui tiendra la bibliothèque au quotidien, et laissez-la décider. Ce n'est pas vous qui vous en servirez tous les jours.